Ciné Psy 1: Bronson

Si tu me lis, étudiant de laffichebronsonfinale‘EPP, c’est que ce mercredi 7 octobre, tu as probablement eu un empêchement majeur et que c’est avec un grand regret que tu n’as pas pu assister au premier cinépsy de l’année (je pense par exemple à la rédaction d’un devoir de graphologie de dernière minute, évidemment prioritaire …)

Je vais donc te faire un compte-rendu du débat autour du film « Bronson » que tu as manqué.

Pré-requis à la lecture de cet article :

En bons étudiants en psychologie, nous avons ouvert le débat par une hypothèse diagnostic, ensuite discuté par les uns et les autres, mais que l’on pourrait résumer ainsi : le personnage de Charles Bronson souffre de troubles de la personnalité de type psychopathique avec une dimension narcissique évidente et des aménagements pervers sous-jacents, le tout parsemé de troubles thymiques !

Ne prends pas peur, tout le monde n’était pas d’emblée d’accord avec ces hypothèses. Et comme nous le rappelle Mme Estingoy, là est toute la beauté de la clinique : même avec une figure psychopathique qui paraît franche, une infinité d’autres hypothèses se sont proposées à nous : schizophrénie simple ? Héboïdophrénie avec désorganisation et expression psychopathique ? Tendance masochiste ? Aménagements pervers ou non ?

Tu es en première année et ne comprends pas la moitié de ces termes ? Pas de panique, ça viendra !

Nous sommes ensuite tombés plus ou moins d’accord la dessus: Charles Bronson répond aux critères du psychopathe « de base », en effet, le film dépeint un homme qui aime les femmes, l’argent, qui aspire à être connu, à se créer un nom et qui ne fait jamais preuve de remords ! A noter que tout cela ne l’empêche pas d’aimer l’autre et de vouloir le rendre heureux.

Nous avons également convenu qu’il avait une pulsion de vie « normale » quant à ses goûts et désirs (qui n’aime pas les femmes et l’argent?) bien qu’il soit dans l’extrême et que tous les moyens semblent bons pour arriver à ses fins … Sa pulsion de vie semble tellement forte qu’à plusieurs reprises dans le film, nous nous sommes demandés ce qui arriverait à l’arrêter.

Charles Bronson est par ailleurs un personnage assez attachant, avec un côté enfantin (que l’on voit s’exprimer notamment dans ses dessins) qui ne semble pas mesurer les conséquences de ses actes.43-bronson

Ce film met également en avant une critique assez vive du système sanitaire et psychiatrique de l’époque, Charles Bronson ayant été en hôpital psychiatrique pendant quelque temps entre deux emprisonnements. Cette critique passe par exemple par la quasi-absence de soins psychologiques dans le film et par la mise en scène de camisole chimique lorsque la pulsion du personnage ne peut être contenue par aucune institution. Cela montre aussi la difficulté à trouver une prise en charge qui puisse venir en aide et contenir certains types de profil comme ça a été le cas pour Charles Bronson.

La seule activité proposée qui pourrait être considérée comme un soin est une sorte d’art-thérapie très investie par Charles Bronson. Le professeur qui est en charge de ces « cours »  est idéalisé comme figure parentale par le détenu. Ce professeur vient séduire Charles Bronson et lui promettre ce à quoi il aspire (célébrité et reconnaissance) et vient ainsi combler une faille narcissique.

La critique peut être étendue au système judiciaire étant donné que Charles Bronson est entré en prison pour une peine de 7 ans et en est sorti après 38 ans (dont 35 en isolement). On peut se demander où est passée l’idée de temps de prison comme punition, comme payement de sa dette suivie d’une réinsertion dans la société ?

Enfin, nous avons rapidement évoqué la cinématographie de ce film, haute en couleurs. À vos écrans !

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