Le blues des fêtes de fin d’année

Selon une étude IPSOS de 2012, « même si pour la majorité des Français (60%) personne ne pose véritablement problème [pendant les repas de fêtes], 39% des personnes interrogées se passeraient bien de certains convives. Aux rangs des « indésirables »,

les cousins et cousines, oncles et tantes qu’on ne voit jamais par ailleurs occupent la première place, avec 16% de citations. Suivent le copain ou la copine esseulé qu’on s’est senti obligé d’inviter (9%), la belle famille (7% de citations pour les parents de son conjoint) et ses propres parents (6%). »

Qu’en est-il en 2017 ? Il semblerait que le problème soit récurrent. Les personnes isolées le seront toujours plus et les familles brisées peinent à rafistoler les morceaux pour préserver les apparences. Intéressons-nous à ceux pour qui Noël ne rime pas avec champagne, cadeaux et retrouvailles mais angoisse et solitude :

« Les réfractaires des fêtes et les angoissés de la fin d’année sont plutôt minoritaires. Pour 20% des Français, les fêtes sont une période comme une autre (24% des hommes, 26% des plus modestes). C’est une période angoissante pour 13% des personnes interrogées (17% des femmes, 18% des plus de 45 ans). »

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Comment expliquer ce phénomène de blues des fêtes, à ne pas confondre avec la dépression saisonnière (liée au manque de lumière et de production de mélatonine) ?

  • Lorsque les fêtes arrivent alors que l’année n’a pas été bonne car il y a eu un décès dans la famille, une maladie, l’absence du proche se fait sentir d’autant plus dans les moments où les familles ont l’habitude de se retrouver.
  • Les traditionnels vœux de la nouvelle année peuvent apparaître comme « regardez ma famille comme elle est belle, ma fille a passé son baccalauréat avec mention » et en ressort le côté superficiel du vernis social bien poli. Les rivalités et jalousies familiales font surface.
  • Si l’on a la chance d’avoir des moyens financiers conséquents et de passer Noël au chaud, les médias et les associations caritatives ne manquent pas de nous rappeler à l’ordre et de faire des campagnes de dons pour les plus démunis, les plus isolés. Cela nous touche car nous nous sentons coupables de ne pas donner, coupables de dépenser des mille et des cents dans les cadeaux de Noël.

Et bien parlons-en, de ces fameux cadeaux :

Nous sommes allées lire pour vous une étude américaine publiée en décembre 2016, intitulée « Pourquoi certains cadeaux sont bons à offrir mais pas à recevoir ? »

« Nous voyons un malentendu entre les processus de pensée et les motivations des personnes offrant et recevant des cadeaux. En d’autres termes, il peut y avoir des moments où un aspirateur – cadeau ayant peu de chances de satisfaire celui qui l’ouvre le jour de noël – arrive dans le top 3 de la liste de Noël puisqu’il sera bien utile et ce, pour un petit bout de temps »

Les auteurs répertorient un certain nombre d’erreurs que font les personnes qui offrent des cadeaux :

  • « Offrir des cadeaux non souhaités dans le but de surprendre la personne qui les reçoivent, alors qu’ils espèrent plutôt un cadeau d’une liste pré-établie ou du même registre.
  • Se focaliser sur des cadeaux matériels qui sont immédiatement bien reçus le jour J alors que des « bon-pour » tels que des places de théâtre ou un massage, seront appréciés un peu plus tard.
  • Offrir des cadeaux socialement responsables par exemple faire un don à une organisation caritative au nom de quelqu’un, ce qui semble spécial au moment de l’échange de cadeaux mais qui ne laisse aucune valeur à celui qui le reçoit. »

Pensez-y ces jours lorsque vous serez pris dans cette frénésie compulsive d’achats…

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Penchons-nous maintenant sur une étude réalisée par Mickael Schmitt, chercheur canadien en psychologie sociale, motivée par le perpétuel débat pour savoir s’il faut – ou non – proposer des illuminations dans l’espace public.

Pour ce faire, les chercheurs ont demandé à des étudiants de remplir un questionnaire tout en étant assis dans une pièce où il y avait un sapin de Noël versus dans une pièce sans sapin de Noël. Les participants ne savaient pas que l’étude portait sur Noël. Les étudiants qui d’habitude ne fêtaient pas Noël ont montré moins d’émotions positives et moins d’estime de soi dans « la pièce Noël ». Les chrétiens et autres adeptes de la fête de Noël, ont été contents du sapin de Noël, à une exception : ils ont ressentis de la culpabilité. Tous pensaient que les décorations de Noël étaient censées rendre les gens plus heureux. Ces résultats suggèrent que même pour les personnes qui fêtent Noël, cette fête peut se révéler stressante.

En conclusion, Schmitt dit qu’il ne souhaite pas être le vieux grincheux qui casse l’esprit de Noël, il affirme seulement que nous devrions davantage nous intéresser à la façon dont les symboles affectent les minorités.

Malgré ces constatations peu joyeuses, l’équipe du Dailypsy vous souhaite de passer de très belles fêtes!


Références bibliographiques

Traduction libre des études anglophones : C. Babeau

 

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